Le train passait. On monte et on descend. On s'assoit. Il arrive parfois de se dire que c'est le dernier train. Un autre train passe, c'est le sifflement de la mort. Et pourtant ils se frôlent seulement. S'ils se percutaient, si l'un déraillait, si l'autre tombait, ce serait fini. Alors on monte dans le train pour changer de vie. Alors on monte dans le train pour en finir. Alors on se jette sous les trains. Alors de bon matin ... Vertiges, tourbillons, perte de sens, menée quelque part, transportée nulle part, perdue au hasard, elle a peur.
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Prétendre comprendre les gens est complètement illusoire tant qu'on ne vit pas ce qu'ils vivent. Avoir beau dire que je suis là, je comprends, ne rime vraiment à rien. Non je n'ai jamais vécu ça. Peut-être une ou deux fois j'ai été percuté et j'ai réalisé. Mais j'étais bien trop jeune, bien trop naïve, bien trop peu sentimentale. Je me souviens cependant pleurer. Oui je pleurais le dimanche matin à l'église. Je pleurais pour les inconnus. J'avais mal pour leurs proches alors que je ne les connaissais pas. Je me suis toujours trouvée étrange, bizarre, anormale. Aucun sentiment pour mes proches, et tant pour les autres. Combien de fois j'ai eu mal au cœur, combien de fois j'ai versé des larmes pour eux que m'étaient inconnus. Toujours touchée par le malheur des autres, et pourtant j'en ai aussi ris. J'ai été cruelle à rire de ça. Un matin je pleurais, l'autre je riais. Aujourd'hui encore, je me demande quelle était cette raison innomée jusqu'alors. Et aujourd'hui, je me fous du monde. Je me fous de tout, sauf de vous.
Fardeau, peine, joie, je porte tout, je partage tout. Au moins, je sais que j'existe pour quelqu'un. Avoir envie de partager, de soutenir, de comprendre, vous savez que j'ai besoin de ça. Même si je ne comprends pas tout, si je peux donner le sourire et aider à respirer, telle est ma destinée.
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Allons regarder pousser les fleurs ensemble.
Allons regarder se lever le soleil ensemble.
Allons regarder se lever le soleil ensemble.
Contemplons tout les deux la voûte céleste qui s'ouvre à nous chaque soir.
Contemplons ce ciel rose qui se montre à moi seulement le matin.
Contemplons ce ciel rose qui se montre à moi seulement le matin.
Posons-nous.
Vivons.


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