Bric à touffe

24.3.09

L'agonie des balançoires

Il y aura toujours de la vie ...


Si l'agonie des balançoires pouvait ressembler à cette chanson, alors atteindre le ciel serait un divin bonheur.
On était en haut, puis on retombait. Deux coups dans l'air et on reprenait de la hauteur.
Une étrange sensation nous envahissait quand on mettait la tête en arrière.

On allait chercher les nuages là où le Soleil brillait. On allait parfois chercher les étoiles là où la Lune se cachait.
C'était nos rêves d'enfant.
C'était notre liberté.
C'était notre musique.



Ils s'étaient trouvés. Aujourd'hui ils se perdent.
Le tourbillon les avait emportés. Il avait coulé sur eux des parfums interdits. Quelque part, sous quelques toits, tout était possible. On leur avait promis la Lune sans jamais toucher au Soleil.
Un jour, une pluie froide tomba.
Dan entra dans la laverie. La lessive de Sue tournait à plein tambour.
Tandis qu'elle jouait à Tétris, Dan alla vider sa machine. Il mit toutes ses affaires dans un sac. Sue s'écria qu'elle avait gagné. Dan, surpris, jeta un œil sur la Gameboy color de celle-ci. La fusée avait décollé.
Dans son élan de joie, Sue trébucha sur le sac de Dan. Les habits s'éparpillèrent sur tout le sol.

Dan et Sue se regardèrent et explosèrent de rire.
Ils ramassèrent les vêtements. En se relevant, ils se donnèrent un coup de tête.
Nouvel éclat de rire.
Ils échangèrent quelques mots, puis repartirent chacun de leur côté.

Dans leur euphorie, ils n'avaient pas remarqué la séparation douloureuse d'une paire de chaussettes, dépareillée, mais pourtant heureuse.


22.3.09

O clock

Je briiiiille au soleil !
On a la classe, ou on l'a pas ! Toc

Quand l'horloge de grande-tante Hermione sonna 9h, Ambre ouvrit deux petits yeux lourds de rêves. Elle se leva doucement.
Les deux pieds effleurant le sol frais, son corps obéissait encore aux songes de la nuit passée.
L'air matinal la poussait et le quart de seconde suivant, elle se retrouvait devant le grand miroir.
C'était une œuvre ancienne. Jusqu'à ses cinq ans, ses parents lui racontèrent qu'il était fait de pierres de lune et poussière d'étoiles.
Foutaises.

Ce dimanche matin là, elle vit une grande plaque argentée qui renfermait une forme désordonnée. En se rapprochant, elle remarqua un visage très blanc et deux pupilles noir, ornées d'un cercle de bronze. Un étrange trait rosé se traçait entre deux pommettes creuses.
Quand la buée parsemait le miroir, ce trait se divisait et un corail blanc apparaissait. Dans ce brouillard, elle aimait écrire du bout de ses doigts gelés.


Elle se recula. Une autre forme tacha la pierre en aluminium. Une boule surplombait le visage rond de la jeune fille. Boule dorée d'où s'échappaient quelques filaments orange.
Le reste n'était que disparate: un voile sur une peau pâle, des formes que l'on devinait plus ou moins pulpeuses. Elle y observait deux grands bâtons soutenus par des planchettes de bois usé.


Ambre sortit de la pièce et se posa devant une fenêtre. Des sons emplissaient le vide de la salle à manger. La télévision était allumée sur la chaîne musicale.
Elle alluma une cigarette et ouvrit la fenêtre.
La fraicheur extérieure donnait une autre saveur à ce surplus de goudron. La fumée bouffait son visage. Ses yeux étaient tournés vers l'extérieur. Le coq chanta tandis qu'un morceau de pop passait. Le soleil fit aussi son apparition.
Ambre posa sa cigarette. Elle sortit d'un pas nonchalant.


L'herbe était fraiche. La rosée du matin avait déposé un voile humide.
Ambre prenait racine. Elle se faisait du bien.

Elle ouvrit les bras et se nourrit de lumière. Un léger vent musical se prit au jeu.
Elle tournait et tournoyait. Mais elle ne pouvait pas décoller.

Elle tomba. Le soleil disparut.

Une mousse de pierre prit place dans le ciel. Mise au pilori, on lui jeta des perles de pluie.


Ses parents accoururent. On la porta à l'intérieur.
Elle s'endormit dans un nuage de coton en attendant de plonger dans la mer.



Note: je ne sais pas si j'ai réussi à placer les pensées d'Ambre dans ce récit.

Sachez juste qu'elle va bien.
C'est juste un matin parmi tant d'autres.

15.3.09

Wonderwall

About you now


And after all you're my wonderwall ♫


_Grandir n'est seulement qu'achever 365 jours de plus. Le 20 est même déjà là, puisque j'entre dans ma 20ème année d'émission de gaz. Je suis vieille, mais pas encore assez. Et puis vous êtes toujours mes Babies.


Elle était en face de ce garçon. Des joues à croquer, des lèvres à arracher, des cheveux à batailler. Des yeux mornes de désintéressé, il était là ce gamin. Et comme cette Ogresse avait les yeux d'une cannibale, elle ne remarquait que la bonne bouille du gosse. Le prendre dans ses griffes, elle ne voulait que le dévorer cru, le savourer minute après minute. La dégustation prendrait le temps qu'il faudra. Il fallait qu'elle fusse rassasié. Le sang coulerait. Les bouts de chairs et d'os éparpillés sur un lit de satin, rouge pour ne pas froisser le macabre. Dans une pièce sombre, seules des bougies donneraient le ton de ce menu. Un repas gouteux mêlant le salé et le sucré. Le miel de cette chair serait la fleur de sa chevelure. Jusqu'à en crever, elle le dévorera. Et dans cette chambre froide, elle se donnera une dernière fois la mort par l'empoisonnement d'une passion inavouée.




Blup

9.3.09

My way

Away somewhere here



Tiré de L'étudiant autonome - mars 2009 n°5

Horoscope
Poisson: Votre moral coule dans la mer noire, vôtre compte c'est fait place sur les berges de la mer rouge. Vos amours sont quelque part au loin dans l'océan artique ... Il serait tant pour vous de vous servir un peu de votre queue, si vous ne voulez pas rester au point mort.

Tribune - L'anti-intellectualisme, dogme d'Etat ? "Museler l'univers intellectuel"

[...] L'univers intellectuel doit être dans son ensemble refaçonné. Ce n'est pas pour rien si les efforts gouvernementaux se sont dirigés assez rapidement vers l'université avec la loi LRU et vers les activités du savoir. Il faut comprendre les réformes actuelles comme une volonté de museler et noyauter les activités de la connaissance "relativistes". En appliquant des logiques économiques au savoir en transformant l'université en entreprise, nos gouvernants infligent la pire des humiliations aux intellectuels en les assignant à des préoccupations mercantiles et politiques dont l'activité intellectuelle s'est évertuée à se soustraire pour s'ériger en tant que science, au sens noble du terme.

Cédric P.


En grève définitivement.


Il était un petit électron libre. Histoire à suivre.


Don't speak
I know just what you're thinking
I don't need your reasons
Don't tell me cause it hurts.
I know you're good,
I know you're real good.

8.3.09

Yumekui

Spring is coming



Dans ton histoire, garde en mémoire mon au revoir puisque tu pars.


_Je n'ai pas su passer de l'exil à la lumière.
_Je ne sais pas traverser la route sans regarder à droite ou à _gauche, et surtout pas sans qu'on me donne la main.
_Je n'ai jamais su pleurer en silence.
_Je ne saurai jamais fermer la porte de mon esprit.



Parce que le panneau au loin la fait toujours sursauter, de joie ou d'horreur, pour le malheur ou pour le bonheur, il restera toujours quelque chose de mystique sur ce quai. Les trains passent et transporte. On sait pertinemment où ils vont, mais on ne sait jamais comment ils s'en vont. Les hommes y rentrent et s'y abandonnent. Donner toute sa confiance dans une machine à traverser l'espace. Si seulement les wagons transportaient le Temps et l'abandonnaient près de la mer. Alors, elle ne prendrait plus pour trahison d'y laisser son cœur. Parce que chaque jour sur ce quai, elle fuit toute notion de réalité.












Fuck