Bric à touffe

22.3.09

O clock

Je briiiiille au soleil !
On a la classe, ou on l'a pas ! Toc

Quand l'horloge de grande-tante Hermione sonna 9h, Ambre ouvrit deux petits yeux lourds de rêves. Elle se leva doucement.
Les deux pieds effleurant le sol frais, son corps obéissait encore aux songes de la nuit passée.
L'air matinal la poussait et le quart de seconde suivant, elle se retrouvait devant le grand miroir.
C'était une œuvre ancienne. Jusqu'à ses cinq ans, ses parents lui racontèrent qu'il était fait de pierres de lune et poussière d'étoiles.
Foutaises.

Ce dimanche matin là, elle vit une grande plaque argentée qui renfermait une forme désordonnée. En se rapprochant, elle remarqua un visage très blanc et deux pupilles noir, ornées d'un cercle de bronze. Un étrange trait rosé se traçait entre deux pommettes creuses.
Quand la buée parsemait le miroir, ce trait se divisait et un corail blanc apparaissait. Dans ce brouillard, elle aimait écrire du bout de ses doigts gelés.


Elle se recula. Une autre forme tacha la pierre en aluminium. Une boule surplombait le visage rond de la jeune fille. Boule dorée d'où s'échappaient quelques filaments orange.
Le reste n'était que disparate: un voile sur une peau pâle, des formes que l'on devinait plus ou moins pulpeuses. Elle y observait deux grands bâtons soutenus par des planchettes de bois usé.


Ambre sortit de la pièce et se posa devant une fenêtre. Des sons emplissaient le vide de la salle à manger. La télévision était allumée sur la chaîne musicale.
Elle alluma une cigarette et ouvrit la fenêtre.
La fraicheur extérieure donnait une autre saveur à ce surplus de goudron. La fumée bouffait son visage. Ses yeux étaient tournés vers l'extérieur. Le coq chanta tandis qu'un morceau de pop passait. Le soleil fit aussi son apparition.
Ambre posa sa cigarette. Elle sortit d'un pas nonchalant.


L'herbe était fraiche. La rosée du matin avait déposé un voile humide.
Ambre prenait racine. Elle se faisait du bien.

Elle ouvrit les bras et se nourrit de lumière. Un léger vent musical se prit au jeu.
Elle tournait et tournoyait. Mais elle ne pouvait pas décoller.

Elle tomba. Le soleil disparut.

Une mousse de pierre prit place dans le ciel. Mise au pilori, on lui jeta des perles de pluie.


Ses parents accoururent. On la porta à l'intérieur.
Elle s'endormit dans un nuage de coton en attendant de plonger dans la mer.



Note: je ne sais pas si j'ai réussi à placer les pensées d'Ambre dans ce récit.

Sachez juste qu'elle va bien.
C'est juste un matin parmi tant d'autres.

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