Bric à touffe

26.4.09

Walter

On se cache pour cacher ces formes


Quand à l'ombre des pins des bois enchantés les pies rassemblent leur butin sacré, les jeunes amoureux pleurent la perte de leurs objets volés. Alors Marie-Elizabeth repose sa lecture et proclame à haute voix que l'être aimé le sera à jamais.


Sous l'arche des hiéroglyphes de pixel, Laura brode ses pensées à l'aide d'un décor immatériel. Des lumières multicolores étouffent la pièce close. Les prépositions se mélangent afin d'élucider le mystère syntaxique et sémantique du discours et des propositions. C'est la fin du vide, le retour du plein. Laura s'endort sur un tapis de soupir.


Puis, Elle, elle est là. Elle se demande ce que le soleil fout quand il tape.
"Est-ce qu'il rend fou ou est-ce qu'il s'en tape ?"
Tout au moins ou tout au plus, il reste là à illuminer ce que peut être la vie.
Peu lui importe les âmes déchues, perdues ou foutues, il emmène avec lui tout sur tout, pour tous.

Un elfe apparut entre les arbres.

22.4.09

I hate the world today

Même sans toi j'arrive à faire de belles photos !

I need your lovin'
Like the sunshine

Il y avait une petite fille qui courrait autour de l'étang. Elle portait une robe de printemps jaune avec des fleurs blanches. Sa maman lui avait fait des petites couettes sur la tête le matin même. Deux yeux brillaient à la lueur du soleil.
Elle avait sur ses épaules un nounours et dans une main son doudou. Jamais elle ne s'en séparait. Même durant ses longues nuits profondes, le nounours était sous la couette et le doudou près du visage.
Dans ses cauchemars, ils se transformaient tour à tour en ours géant et tapis volant. Ils la sauvaient des grands méchants loups et des ogres affamés.
Quand elle rêvait, ils étaient dans une clairière enchantée. Elle était blottie contre le nounours, toujours géant, et le doudou devenait une grande couverture chauffante multifonction.

La petite fille courrait autour de cet étang. Elle se rappelait l'ancien marais et les poissons. L'herbe se mouvait sous ses petits pieds. Le vent sifflait dans sa robe jaune. Les fleurs dégageaient toujours leurs parfums enivrant et les pétales se perdaient dans ce nectar passionné. La petite fille tomba à la renverse et voulu tracer un ange de ses bras.

Le doudou sur son cœur et le nounours dans ses bras, elle finit par s'endormir sous un soleil plus éblouissant que jamais.


Notes de l'auteur: Le doudou et le nounours ne seront jamais jetés à la poubelle par la suite, même si la véritable histoire l'a voulu.

19.4.09

Sensualité



10.

La nuit venue, dans sa chambre, Marylin s'est déshabillée et, debout et nue, elle joue avec le grand carré de soie blanche devant le reflet des vitres de sa fenêtre qui donne sur la cité des Religions Oubliées. Des gens chutent des balcons des tours Moïse, Jésus, Zeus, Osiris... comme un crachin d'automne.
Mais la fille Tuvache fait voler autour d'elle le foulard. La soie au contact de ses épaules provoque des frissons qui lui creusent les reins. Elle laisse glisser l'étoffe immaculée le long de ses fesses, la récupère par-devant entre les jambes et la lance au-dessus d'elle en l'air. Le carré blanc s'y déploie tel le gracieux mouvement d'une danceuse étoile. Il retombe en parachute lent sur le visage renversé de la fille des commerçants du Magasin des Suicides.
Paupières clauses, elle souffle et la soie s'envole à nouveau. Marilyn en rattrape un angle qu'elle fait tourner autour de son ventre, ses hanches, comme un bras d'homme la prendrait par la taille.
Aaah... le feulement du foulard remontant encore entre les cuisses et s'agrippant dans les poils.
Aaah... Marilyn ordinairement voûtée et les épaules rentrées, se redresse.
Aaah... Elle s'arque d'avantage lorque le cadeau d'Alan, pris dans un élan, s'élève le long de sa poitrine et frôle les seins dont elle avait honte (à tort). Leurs pointes se redressent, durcissent. Ses seins, gros, sont magnifiques et les doigts croisés derrière la nuque, dans le reflet des vitres de sa chambre, Marilyn s'étonne de se découvrir ainsi tandisque le foulard retombe.
Elle le répupère au nivau de ses mollets charmants, se penche. Son cul est splendide, large sous une taille à peine un peu grasse. Et la soie à nouveau voyage , révèle à la fille complexée l'harmonie insoupçonnée de son corps.
C'est la plus belle de tout le quartier ! Pas une fille de la cité des Religions Oubliées ne lui arrive à la cheville (qu'elle a fort jolie).
Le cadeau de son petit frère, mieux qu'un rêve...
Et le foulard poursuit sa danse hypnotique et sensuelle au ras de la peau qui vibre. Les paupières se plissent d'un air d'extase inédit pour Marilyn.
Mais que découvre-t-elle encore ? Devient-elle Monroe ?
Elle entrouvre ses lèvres d'où s'étire un filet de salive... mortelle.
Le magasin des suicides, Jean Teulé.

Elle referma le livre et le posa sur la table de chevet. Allongée sur son lit de roses, un sourire étira son visage d'enfant. A coté d'elle, l'ombre d'un homme qui un jour reviendra, l'enivrant de son parfum angélique.
Elle aussi, elle aura ce bras autour de sa taille. Elle aussi, elle sera telle une danseuse étoile tournoyant dans une boîte à musique, qui vole, qui vole.
Sous sa couette rose, elle ferma les yeux une dernière fois, laissant soin à Morphée de lui montrer la voie de ses rêves.

17.4.09

L'agonie des Meuh Meuh

Je m'émeus devant les meuhs ...


Dalia avait oublié que dans sa contrée se trouvaient des vaches. Ses habitants éprouvaient le besoin d'élever de telles bêtes afin de nourrir les ventres affamés de leurs garnements.
L'économie allait bien mal. Elle avait bien fait de laisser sa ville au petit Nacim. Dans son bureau de ville, elle se souciait seulement de son bien être. Le reste n'avait qu'à se débrouiller sans elle. Les vaches, elles, broutent et ne demandent rien à personne.

Et pourtant Dalia s'émut.


On va à Super U là ?

Se perdre en chemin pour retrouver un peu de terre.
Bouffer de la terre et se rouler dans l'herbe.
Arracher l'herbe et s'envoyer en l'air.
Être toujours là-bas pour respirer un peu.


Jeanne-Françoise se perdait en Laura.
Laura pourrissait la vie de Jeanne-Françoise.
Filia se foutait bien de la gueule de celle-ci.
Les chaussettes finissaient leur voyage dans la benne.
La benne se déversait sur la route de Dalia.
Dalia gueulait bien, mais Charmant la prit sur son cheval blanc.
Marie-Elizabeth le nota dans son bloc-note Richelieu.
Laura voulait un câlin.
Jeanne-Françoise s'attachait un peu.
Dan et Sue s'étaient retrouvé le temps d'une nuit.


Et pendant ce temps là, la petite poupée continuait sa promenade sur les épaules de la fillette blonde vénitienne.

13.4.09

Pommettes

Ouh la tête ...


Cher Inconnu,

Un billet charmant pour un prince perdu. Je voudrais juste une dernière danse. Avant que tu ne partes, avant que tu fasses ce long voyage, j'aimerais ressentir ce vertige. Tu t'en vas explorer les contrées inconnues de la forêt enchantée. Angoisse, horreur, ou bonheur magie. Tu ne sais pas ce que tu vas y trouver. Il me semble seulement que tu en éprouves la fascination. Ainsi soit-il. Rien ne te retient ici et encore moins ma présence. Je n'enverrai pas d'enchanteurs ou hiboux à ta recherche. Je ne pleurerai pas les larmes de mon corps. Je ne me saignerai pas à la larme de mon couteau. Il y aura juste avec moi ce visage angélique sur lequel chaque soir je déposerai un baiser volé.
Merci d'avoir enchanté ma vie. Et si cette lettre prend un air de déjà vu, c'est que cet air est une belle vérité.

Juste une dernière danse,
Jeanne-Françoise

Elle reposa la plume sur son pupitre et siffla son air préféré: un petit bonhomme marchant tout droit en cassant des briques et tuant des insectes.

12.4.09

Temps révolu

Jeanne Françoise CHahute Jean Hugues.


J'ai longtemps parcouru son corps
Effleuré cent fois son visage
J'ai trouvé de l'or
Et même quelques étoiles
En essuyant ses larmes
J'ai appris par cœur
La pureté de ses formes
Parfois, je les dessine encore
Elle fait partie de moi

[Refrain:]
Je veux juste une dernière danse
Avant l'ombre et l'indifférence
Un vertige puis le silence
Je veux juste une dernière danse

Je l'ai connue trop tôt
Mais c'est pas d'ma faute
La flèche a traversé ma peau
C'est une douleur qui se garde
Qui fait plus de bien que de mal
Mais je connais l'histoire
Il est déjà trop tard
Dans son regard
On peut apercevoir
Qu'elle se prépare
Au long voyage

[Refrain]

Je peux mourir demain
Mais ça n'change rien
J'ai reçu de ses mains
Le bonheur ancré dans mon âme
C 'est même trop pour un seul homme
Je l'ai vue partir, sans rien dire
Fallait seulement qu'elle respire
Merci d'avoir enchanté ma vie

[Refrain]

J'ai longtemps parcouru son corps
Effleuré cent fois son visage
J'ai trouvé de l'or
Et même quelques étoiles
En essuyant ses larmes
J'ai appris par cœur
La pureté de ses formes
Parfois, je les dessine encore
Elle fait partie de moi

Une dernière danse.

_Parce que les chaussettes sales finissent toujours à la corbeille ...
_Et quand elles sont troués, c'est à la poubelle qu'on les jette !

4.4.09

De l'archiduchesse

Un futur à composer ...

Marie-Élisabeth dans un bosquet versaillais lisait La princesse de Clèves.
Rosalie souriait au soleil.
Filia avalait les âmes en peine.
Dalia se décomposait dans un tribunal défectueux.
Sue regardait une chaussette inconnue.
Dan constatait la perte d'une chaussette.
Ambre dormait dans un nuage de coton.
La petite poupée avait été rangé au placard.
L'électron libre se baladait toujours dans le cosmos terrien.

Laura tentait de se remémorer les lettres de son cahier clavérique. Mais la mémoire lui faisait défaut. Elle ne savait même plus ce qu'elle devait raconter. Les mots se perdaient dans les cellules de son cerveau. Les phonèmes se mélangeaient aux morphèmes. La syntaxe devenait flou. Le discours perdait tout son sens. Dans ce débarras de connaissances linguistiques, le dictionnaire n'osa même pas trouver un coin pour se poser et tenter de tout réorganiser.


Les chaussettes se sont retrouvées. Elles ont parlé durant une heure d'un temps passé résolu. Entre une machine de couleur et une machine de blanc, elles se sont souvenues cette nuit là où ils avaient fait la fête avec le clan des jetés. Un petit appartement, un tapis de bambou et des souffles coupés en guise de musique, c'était la soirée de leurs rêves. Cette orgie de tissus avait un gout de liberté. On était heureux et on ne se souciait de rien.

Elles ont fait la fête jusqu'au petit matin. Dans une sérénité absolue, ils se sont dit au revoir avec l'espoir d'une nouvelle soirée placée sous les mêmes signes: bulles, bonheur et baisers.

1.4.09

Poisson d'avril

Chalalala ...

J'ai tout mangé le chocolat,
Et comme t'étais toujours pas là,
J'ai attaqué la belle pizza ...

Ce n'était pas un poisson d'avril.
Rosalie se leva avec prudence. Son lit était défait. Rien d'anormal. La nuit avait été mouvementée. Ces temps-ci, elle avait le sommeil léger.
Elle alla prendre son café, accompagné de ses biscottes. Pas de piment dans la confiture de framboise. Elle déjeuna tranquillement.
Toute la journée se déroula sans soucis.
La faculté était toujours aussi désordonnée, les cours annulés et les camarades présents.
Courageuses.
Mais ce premier avril, le soleil fit son apparition. Il se percha haut dans le ciel bleu.
Ce n'était pas un rêve.
Un sourire enfantin se traça sur le visage de Rosalie. Ses yeux pétillèrent à l'écoute des accords de piano de Yiruma. Son cœur finit par s'envoler.
Elle marcha d'un pas léger pour se rendre au cinéma. Elle choisit un film pour enfants. Elle fut enchantée par les bandes annonces. Des frissons parcoururent son corps. Son cœur avait perçu chaque seconde de la bande musicale. Elle apprécia le film.
Rosalie était heureuse.
Ce n'était pas un rêve.
Ce n'était pas un poisson d'avril.