Bric à touffe

19.4.09

Sensualité



10.

La nuit venue, dans sa chambre, Marylin s'est déshabillée et, debout et nue, elle joue avec le grand carré de soie blanche devant le reflet des vitres de sa fenêtre qui donne sur la cité des Religions Oubliées. Des gens chutent des balcons des tours Moïse, Jésus, Zeus, Osiris... comme un crachin d'automne.
Mais la fille Tuvache fait voler autour d'elle le foulard. La soie au contact de ses épaules provoque des frissons qui lui creusent les reins. Elle laisse glisser l'étoffe immaculée le long de ses fesses, la récupère par-devant entre les jambes et la lance au-dessus d'elle en l'air. Le carré blanc s'y déploie tel le gracieux mouvement d'une danceuse étoile. Il retombe en parachute lent sur le visage renversé de la fille des commerçants du Magasin des Suicides.
Paupières clauses, elle souffle et la soie s'envole à nouveau. Marilyn en rattrape un angle qu'elle fait tourner autour de son ventre, ses hanches, comme un bras d'homme la prendrait par la taille.
Aaah... le feulement du foulard remontant encore entre les cuisses et s'agrippant dans les poils.
Aaah... Marilyn ordinairement voûtée et les épaules rentrées, se redresse.
Aaah... Elle s'arque d'avantage lorque le cadeau d'Alan, pris dans un élan, s'élève le long de sa poitrine et frôle les seins dont elle avait honte (à tort). Leurs pointes se redressent, durcissent. Ses seins, gros, sont magnifiques et les doigts croisés derrière la nuque, dans le reflet des vitres de sa chambre, Marilyn s'étonne de se découvrir ainsi tandisque le foulard retombe.
Elle le répupère au nivau de ses mollets charmants, se penche. Son cul est splendide, large sous une taille à peine un peu grasse. Et la soie à nouveau voyage , révèle à la fille complexée l'harmonie insoupçonnée de son corps.
C'est la plus belle de tout le quartier ! Pas une fille de la cité des Religions Oubliées ne lui arrive à la cheville (qu'elle a fort jolie).
Le cadeau de son petit frère, mieux qu'un rêve...
Et le foulard poursuit sa danse hypnotique et sensuelle au ras de la peau qui vibre. Les paupières se plissent d'un air d'extase inédit pour Marilyn.
Mais que découvre-t-elle encore ? Devient-elle Monroe ?
Elle entrouvre ses lèvres d'où s'étire un filet de salive... mortelle.
Le magasin des suicides, Jean Teulé.

Elle referma le livre et le posa sur la table de chevet. Allongée sur son lit de roses, un sourire étira son visage d'enfant. A coté d'elle, l'ombre d'un homme qui un jour reviendra, l'enivrant de son parfum angélique.
Elle aussi, elle aura ce bras autour de sa taille. Elle aussi, elle sera telle une danseuse étoile tournoyant dans une boîte à musique, qui vole, qui vole.
Sous sa couette rose, elle ferma les yeux une dernière fois, laissant soin à Morphée de lui montrer la voie de ses rêves.

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