Bric à touffe

2.1.09

Le vacarme du diable

Retrouver le temps des choses ..


Il était là, sous le parapluie noir devant le bungalow. La pluie était battante, la grenouille verte l'accompagnait sur ses petites pattes accrochées à la barre de fer, mais non loin de l'égout. Les chocapics se baladaient un peu partout sur le sol mouillé. Des casques de mineurs éclairaient un trou infini. Les étoiles se voyaient à travers. On avait traversé la terre.
Elle était tenue par les bras. Tirée vers l'arrière, elle ne pouvait se débattre. Tourbillonnant dans le vent frais du temps, elle valsait dans les airs. Son cavalier n'était autre que le fer encore chaud de l'amour. Il lui brûlait les mains, mais elle se sentait rien. Elle tournait et tournait, s'envolait, décollant du parquet de bois. Il était à perte de vue. Il se restait qu'un petit point blanc. Et dans un dernier tour, il disparut.

Au bar, trois verres étaient servis. Trois cul sec, trois coups sur le bois. The show must go on diffusait sa musique douce dans l'ambiance chaleureuse des Hilares Amours.


- Tu crois que tu as loupé la femme de ta vie ?
- J'en suis certain maintenant ...
- Alors c'était elle ...
- Et toi, tu l'as déjà vu ?
- Plus le temps passe, plus j'ai l'impression, mais bon ...
- Chacun sa route maintenant !
- Peut être n'est-il pas trop tard.
- Je ne sais pas Laura.
- Bah moi non plus.


Ainsi continue le chant de la pie. Comme le vent se lève chaque fois, le tourbillon de poussière empourpre les visages. On se dégage la vue et on essaie de voir. Illusion tragique. Le ciel est gris, la neige pourri. Les anges ne sont pas descendus, ils restent sur le papier glacé. Alors on embobine le film. Et on appuie sur lecture. Histoire de faire revivre les rires enfantins, et le chant de la pie qu'on aimait tant.

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